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Accusé d'avoir drogué et violé sa femme: de longs échanges avec Dominique Pelicot mais pas de rendez-vous
information fournie par AFP 11/06/2026 à 18:15

La nature des relations avec Dominique Pelicot nouées par un homme au profil "pulsionnel", accusé d'avoir violé et drogué sa compagne, a été longuement analysée jeudi au premier jour de son procès à Lyon, son avocat tentant de dissocier les deux affaires.

Dans une convervation en ligne retrouvée après son interpellation en 2020, l'ex-mari de Gisèle Pelicot, condamné depuis à 20 ans de prison pour avoir violé et livré sa femme droguée à des dizaines d'inconnus, offre ses conseils à l'accusé, "désireux de bénéficier de (son) expérience".

La drogue doit être "bien dosée, en fonction de son poids", prodigue-t-il.

"Je vous suis à la lettre", lui répond le mis en cause, garde du corps de profession, 39 ans, s'inquiétant au passage:  "c’est sûr, elle va pas se réveiller ?".

Il propose également à Dominique Pelicot de se déplacer à Lyon, afin de passer lui-même à l'acte. "Ca m'excite de l'offrir à son insu comme une poupée", écrit-il, la décrivant, souvent dans un langage outrancier, comme une "proie".

Il va jusqu'à proposer à Pelicot d'organiser un dîner dans l'appartement familial, où il se ferait passer pour un de ses collègues, et pourrait ainsi voir la victime s'endormir, abuser d'elle et s'en aller à l'aube. Avant son réveil.

"Vrillé"

Mais Pelicot ne viendra jamais à Lyon, selon l'enquête. L'accusé lui-même assure avoir rompu le contact avec lui, vu "la teneur que ça prenait", reconnaissant avoir "vrillé". Un élément dont s'est saisi son avocat, Me Gabriel Versini-Bullara, pour tenter d'éviter de trop associer son client aux agissements de Dominique Pelicot.

"Il n’y a aucune certitude qu’il soit monté à Lyon, on est clair ?", a-t-il demandé à la directrice d'enquête Lili Nogueira Perreira, devant la cour criminelle du Rhône. "Oui", a-t-elle répondu.

"C'est peut-être un ballon de baudruche qui va se dégonfler", avait-il aussi lancé juste avant l'audience, sans nier "les liens" entre les deux hommes.

S'il n'est pas appelé à la barre, Dominique Pelicot a démenti auprès des enquêteurs avoir violé la victime. D'une part, parce que Lyon était "trop loin de chez lui" et d'autre part car l'accusé n'était, selon lui, "pas prêt à aller au bout des choses", a rappelé jeudi la présidente Dominique Thevenet.

Et si Dominique Pelicot avait affirmé avoir abusé d'une "coiffeuse" lors d'un séjour à Lyon, il avait finalement reconnu avoir fait preuve de "vantardise".

Des conversations similaires que l'accusé entretenait avec d'autres hommes ont été projetées par la cour, certaines impliquant des images pédopornographiques.

"borderline"

Plus tôt dans la journée, la personnalité "tout en fragilité" de l'accusé à été étudiée, un "super papa" au comportement "pulsionnel", selon les experts.

Son comportement serait le fruit d'une enfance en panne d'affection - élevé par une mère seule - et d'un rêve de carrière dans les forces spéciales qui "s'effondre" après une blessure à la cheville, a rembobiné le médecin psychiatre François Renault.

Mais "mettre le couvercle sur ses angoisses", a ouvert la voie à un comportement "borderline", où la consommation de drogue va en augmentant.

A l'ouverture de son procès, l'accusé s'est montré soucieux d'"apporter un éclairage" sur ses agissements, tout en assurant ne pas reconnaître "l'intégralité des faits". Il plaide un "jeu sexuel" avec la mère de son fils, à qui il n'a pas décroché un regard depuis son arrivée dans le box.

Le Lyonnais a été arrêté en juin 2023, et son téléphone perquisitionné. Les enquêteurs y retrouvent des vidéos de sa compagne inconsciente, alors que l'accusé se livre à des actes sexuels.

La victime s'est plainte aux enquêteurs de "trous noirs" après s'être endormie et d'une "grande fatigue entre 2020 et 2023, sans en comprendre l'origine".

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